La planète Mars cachait des glaciers
Grâce au radar d'une sonde en orbite autour de Mars, des scientifiques ont découvert qu'il existait d'épais glaciers dans les régions «tempérées» de cette planète. Ces masses de glace cachées constitueraient la plus grande réserve d'eau de la planète rouge en dehors des zones polaires.
Depuis plusieurs décennies, les scientifiques estiment que certaines caractéristiques des zones «tempérées» (entre 35 et 60 degrés de latitude) de la planète Mars, notamment des cratères pleins et des zones d'accumulation de débris rocheux qui s'étendent près de montagnes ou d'escarpements, pouvaient être associées à de la glace souterraine.
Pour expliquer ces formations, les scientifiques retenaient deux hypothèses: une première voulant qu'une mince couche de glace ait pu servir de «lubrifiant» et permettre le déplacement et l'accumulation de matériaux rocheux, et une seconde avançant que ces zones cachaient d'épais glaciers sous une couche de débris de roches et de poussières.
Grâce à son radar de surface, un instrument par l'Agence spatiale italienne, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a recueilli de précieuses données sur ces zones et a permis de trancher la question. Dans un article publié dans la revue Science du 21 novembre 2008, un groupe de scientifiques soutient en effet la thèse que certains des reliefs de la région du bassin Hellas (carte Google Mars) sont des glaciers massifs recouverts d'une couche rocheuse qui empêche l'eau gelée de s'évaporer (ou de se sublimer).
«Un des glaciers que nous avons examiné est trois fois plus étendu que la ville de Los Angeles et possède une épaisseur pouvant aller jusqu'à 800 mètres», souligne John Holt, professeur au département de géosciences de l'Université du Texas et premier auteur de cette nouvelle étude sur les glaciers cachés de Mars.
Étant recouverts d'une couche de roches, ces glaciers n'ont pas pu être observés visuellement mais grâce aux ondes radar émises et captées par la sonde en orbite autour de Mars. L'analyse des données a révélé que la réflexion des ondes était en accord avec l'hypothèse de glaciers sans grand contenu rocheux qui peuvent atteindre des épaisseurs de plusieurs centaines de mètres.
Les auteurs de cette étude notent également que des glaciers comparables existent aussi sur terre, notamment en Antarctique (voir cette photo), et que l'étude de ces zones terrestres pourrait nous aider à mieux comprendre le cycle de l'eau et le climat de Mars.
«L'inclinaison de l'axe de rotation de Mars devient parfois plus grande qu'elle ne l'est actuellement et la modélisation climatique nous montre que ces couches de glace pourraient recouvrir les régions d'altitudes moyennes de Mars au cours de ces périodes de plus grande inclinaison», indique James Head, professeur au département des sciences géologiques de l'Université Brown et coauteur de cette étude.
En 2006, des chercheurs français ont réalisé ce type de simulation informatique et montré que de tels glaciers pouvaient justement se former dans des zones du basin Hellas. Cette étude montre que lorsque l'inclinaison de Mars était de 45 degrés (au lieu de la valeur actuelle de 25,2 degrés), il y a 5,5 millions d'années, ces glaciers auraient pu se former avec les caractéristiques qu'on observe aujourd'hui dans cette région de Mars.
L'intérêt de ces recherches est multiple. D'abord, comme le souligne James Head, les scientifiques qui s'intéressent à la possibilité d'une vie microbienne passée ou actuelle sur Mars voient ces glaciers comme des archives qui pourraient encore conserver des traces d'activités biologiques. En outre, la localisation d'importants réservoirs d'eau sur la planète rouge présente un autre intérêt, plus pratique celui-là: une source d'eau pour les futures missions habitées sur Mars.
Références:
- Radar Sounding Evidence for Buried Glaciers in the Southern Mid-Latitudes of Mars (revue Science)
- Communiqué JPL (Nasa)
- Communiqué général (Nasa)
- Université du Texas: communiqué et page multimédia
(Image: Nasa)








Vos commentaires
Publiez votre commentaire