Partenaires sexuels: les femmes préfèrent les hommes ressemblant à leur père
D'après une étude réalisée par des chercheurs hongrois, le choix des partenaires ne se ferait pas au hasard; les femmes choisiraient plus souvent des hommes qui ressemblent à leur père, tandis que les hommes auraient tendance à sélectionner des femmes dont l'apparence se rapproche de celle de leur mère.
Pour les besoins de cette étude, Tamas Bereczkei et ses collaborateurs de l'Université de Pécs (Hongrie) ont considéré 52 couples (partenaires âgés entre 21 et 32 ans) ainsi que leurs parents. Les couples étaient ensemble, en moyenne, depuis 18,6 mois.
Pour chacun des sujets de l'étude - partenaires des couples et leurs parents -, quatorze proportions du visage étaient mesurées. Les chercheurs ont ensuite tenté de voir s'il existait un lien entre les caractéristiques du visage du partenaire et le visage des parents d'un sujet donné.
Après le traitement statistique des données, les psychologues ont constaté qu'il existait des corrélations significatives. Le point de comparaison était des visages choisis au hasard.
Ainsi, les femmes étaient plus susceptibles de sélectionner un homme dont les caractéristiques faciales, en particulier dans la partie centrale du visage (yeux et nez), étaient similaires à celles de leur père. Par contre, il n'existait pas de lien avec le visage de leur mère.
Concernant les hommes, l'étude suggère qu'ils auraient tendance à choisir une femme dont les proportions faciales, surtout celle du bas du visage (bouche et mâchoires), se rapprochent de celles de leur mère. Ici encore, il ne semblait cependant pas y avoir de lien avec le visage du père.
Les résultats de cette recherche ne sont pas sans rappeler le concept psychanalytique du «complexe d'Oedipe», qui veut que les petits garçons vivent une «relation amoureuse» avec leur mère pendant l'enfance. En psychanalyse, il existe un équivalent pour les petites filles et leur père, baptisé «complexe d'Électre».
Les chercheurs nomment «empreinte sexuelle» (sexual imprinting) cette apparente tendance à sélectionner des partenaires qui présentent une ressemblance avec le parent du sexe opposé. Les psychologues hongrois supposent que le parent du sexe opposé laisserait une espèce d'empreinte chez l'enfant, qui, une fois devenu adulte, chercherait des partenaires qui ressemblent à ce modèle.
Dans cette étude, on souligne que les résultats ne pourraient pas s'expliquer par une attraction vers des partenaires dont l'apparence rappelle simplement des traits familiers. En effet, les hommes ne montreraient pas de préférence pour des partenaires dont les proportions faciales ressemblent à celles de leur père, et le même phénomène apparaît pour les femmes et leur mère.
Dans une recherche précédente, Tamas Bereczkei avait également montré qu'il semblait exister un phénomène d'«empreinte sexuelle» similaire entre les petites filles et leur père adoptif, ce qui suggère que cette attirance ne serait pas due à des liens génétiques.
Pour détailler leurs travaux, Tamas Bereczkei et ses collaborateurs ont publié l'article «Facialmetric Similarities Mediate Mate Choice: Sexual Imprinting On Opposite-Sex Parents» dans la revue «Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences».
Selon votre expérience personnelle, cette hypothèse du choix d'un ou d'une partenaire plus susceptible de ressembler au parent du sexe opposé apparaît-elle fondée? À l'inverse, connaissez-vous des cas qui vont à l'encontre de cette hypothèse?














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