L'Antarctique se réchauffe moins que prévu
Alors que le réchauffement des autres régions du monde est assez bien compris, les modèles climatiques surestiment l'accroissement des températures de l'Antarctique. L'enjeu est d'importance car la fonte de l'épaisse couche de glace de ce continent augmenterait sensiblement le niveau des océans, inondant ainsi des zones côtières.
D'après une récente étude de scientifiques du Centre national pour la recherche atmosphérique (Colorado), les simulations informatiques parviennent actuellement à modéliser le climat de tous les continents à l'exception de l'Antarctique. Pour ce continent, les modèles prévoient en effet une augmentation des températures de 0,75 degré Celsius au cours du 20e siècle, alors que les observations indiquent un accroissement de 0,2 degré Celsius.
«Nous pouvons maintenant comparer les simulations par ordinateur avec les données des tendances climatiques mesurées en Antarctique. Cela nous montre qu'au cours du dernier siècle, la majeure partie du continent de l'Antarctique n'a pas connu le réchauffement relativement dramatique qu'a subi le reste du globe», explique Andrew Monaghan, principal auteur de l'étude.
Comment expliquer cette différence? Les auteurs de l'étude américaine - Andrew Monaghan, David Bromwich et David Schneider - avancent que les modèles climatiques auraient surestimé la quantité de vapeur d'eau présente dans l'atmosphère du continent glacé.
Les chercheurs suggèrent également que la surestimation du réchauffement de l'Antarctique pourrait s'expliquer en partie par l'amincissement de la couche d'ozone au-dessus de ce continent, phénomène qui provoque le refroidissement des couches médianes et supérieures de l'atmosphère, et qui modifie les vents. Ce phénomène expliquerait le fait fait que la péninsule de l'Antarctique s'est réchauffée de plusieurs degrés, alors que ce n'est pas le cas du reste du continent.
Qu'en est-il de l'impact possible du réchauffement de l'Antarctique sur le niveau des océans? La nouvelle étude souligne que deux phénomènes antagonistes sont en jeu. Si le réchauffement fait effectivement fondre les glaces des côtes du continent, les chercheurs soulignent toutefois que l'accroissement des températures peut également provoquer des chutes de neige plus abondantes, ce qui a pour effet d'emprisonner davantage d'eau sur l'Antarctique.
«La génération actuelle de modèles climatiques est plus perfectionnée que les précédentes, mais les projections des températures de surface en Antarctique pour le 21e siècle affichent un haut degré d'incertitude», indique David Schneider dans le communiqué du groupe de recherche.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans l'article Twentieth century Antarctic air temperature and snowfall simulations by IPCC climate models, paru dans la revue Geophysical Research Letters du 5 avril 2008.
Image: NOAA / NESDIS / USGS par UCAR
| Publié par Jean-Charles Condo à 8H58 |
|
|
|
Plus récents articles
|
Manger sainement pourrait rendre plus intelligent!
Cancer: lien avec le lieu de résidence à l'étude!
Avoir du cannabis comme prescription médicale
Des asperges sur la planète Mars








