Quand les saumons ont des poux...
Il n'y pas que les humains qui peuvent avoir des poux; les saumons d'élevage en ont aussi. Le problème, c'est qu'ils contaminent les saumons sauvages. Ces derniers en meurent à un rythme effarant. Qui a dit que la pisciculture n'avait pas d'impact sur la faune marine?
On a longtemps pensé que l'élevage de poissons était sans conséquence. On commence à se rendre compte que cela a un prix. En effet, une équipe de l'Université de Dalhousie de Halifax en Nouvelle-Écosse vient de réaliser une étude sur les saumons sauvages nommée Aquaculture Impacts on Wild Salmon. Les conclusions, parues en décembre dernier dans le fameux journal Science, sont alarmantes.
Les scientifiques estiment que 99% des saumons sauvages de l'archipel Broughton en Colombie-Britannique, où ont eu lieu les tests, risquent d'y passer. En effet, si rien n'est entrepris pour stopper l'infestation de parasites, d'ici aux quatre prochaines années - ou d'ici la deuxième génération- le saumon rose autochtone pourrait bien disparaître dans cette région.
En nageant à proximité des fermes d'élevage des saumons, les saumons sauvages courent un grand risque. En effet, ils courent le risque d'être infecté par les poux, un fléau pourtant courant dans ces élevages. Le hic, c'est que les poissons indigènes ne sont pas préparés pour combattre un tel parasite, qui ronge la peau de son hôte jusqu'à ce que mort s'ensuive.
En 2004, deux autres études avaient tenté de démontrer ce lien direct entre l'aquaculture et les espèces naturelles, en vain. L'une réalisée par l'Université de Colombie-Britannique et l'autre par une chercheuse indépendante, Alexandra Morton.
À présent que le phénomène est confirmé, on s'inquiète que les autorités ne tardent à agir pour protéger le saumon rose sauvage à temps. C'est ce que croit l'une des coauteures de l'étude, Jennifer Ford, étudiante à la maîtrise en sciences biologiques à l'Université de Dalhousie et scientifique au Centre d'action écologique d'Halifax :
These fish can't sustain this level of mortality and we'd like to see DFO (Department of Fisheries and Oceans) admit to what's happening and do something about it because all they've managed to do so far is stall. So, we need a recognition that the situation has to change and fast. We can't wait four more years for more information ... the salmon just don't have that much time.
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Vous voulez en savoir plus et vous impliquer dans la préservation du saumon rose sauvage de la côte ouest canadienne? L'organisme sans but lucratif THINK SALMON vous permet de le faire.
Source: Bulletins électroniques
Images : 1)Flickr 2)Université de Dalhousie








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