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Foules humaines moutonnières

Le comportement des humains en groupes est-il sensiblement différent de celui des moutons, ou d'autres animaux qui aiment vivre en troupeaux? Dans certaines circonstances, il y a d'embarrassantes similitudes, indique une étude britannique récente dont les résultats pourraient avoir des retombées dans l'organisation ou la gestion des foules.

À l'Université de Leeds, au Royaume-Uni, les chercheurs Jens Krause et John Dyer ont mené des études visant à étudier le déplacement de groupes de personnes selon la perspective des processus de décision. Dans ces expériences, la plupart des participants avaient pour consignes de marcher sans but précis dans un hall, sans communiquer et en restant à courte distance (à pas plus d'un mètre) d'un autre sujet.

Dans ces groupes, et là réside tout l'intérêt de la recherche, quelques-uns des participants avaient reçu une instruction supplémentaire : ils devaient se rendre vers un endroit précis, mais tout en respectant les mêmes consignes de base que les autres participants.

Ô surprise! Dans les foules d'au moins 200 personnes, les chercheurs ont constaté que les groupes parvenaient à atteindre les endroits désignés même si seulement 5% des sujets connaissaient la destination. Les autres 95% des participants s'étaient ainsi laissés tranquillement guider, souvent sans même s'en rendre compte, vers les lieux où les «leaders» avaient pour instruction de se rendre.

«Ce qui est intéressant dans cette recherche, c'est que nos participants parvenaient à un consensus dans leurs décisions, en dépit du fait qu'il ne leur était pas permis de parler ou de communiquer par gestes avec les autres. Dans la plupart des cas, les participants n'ont même pas réalisé qu'ils se faisaient guider par les autres.», explique Jens Krause.

Pourquoi étudier les foules humaines selon une telle perspective? Pour Jens Krause et son équipe, l'intérêt provenait de la dynamique dans la migration des oiseaux, «où il est difficile d'identifier les leaders des vols». En étudiant le comportement des groupes d'humains, Jens Krause s'est convaincu qu'il existait «de forts parallèles entre le comportement des groupes d'animaux et les foules humaines».

Les chercheurs de l'Université de Leeds estiment qu'une meilleure compréhension de la dynamique des foules pourrait s'avérer utile dans plusieurs circonstances, par exemple pour diriger des groupes de personnes dans des zones frappées par un sinistre ou pour améliorer la fluidité de zones piétonnières très fréquentées.

Références : Consensus decision making in human crowds et communiqué de l'Université de Leeds

Photos : Wikipedia et Université de Leeds


Publié par Jean-Charles Condo  le lundi 25 février 2008 à 9H17







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